Hollande à Carcassonne

Que retenir de la visite du chef de l’Etat à Carcassonne ? François Hollande est en campagne.

Aujourd’hui paraît au Journal Officiel le projet de loi de réforme de l’éducation au collège. Ce n’est pas faire preuve de parti-pris que de mettre en évidence que le corps enseignant des collèges est traditionnellement le maillon fort du Parti Socialiste. Il y avait, pourtant hier, 30% de grévistes contre le projet de loi de Madame Belkacem.

Le 5 juin s’ouvre à Poitiers le congrès du Parti Socialiste dans un climat de catastrophe. Le journal le Monde, le 16 mai, faisait état de « la grande hémorragie des militants. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : En moins de 10 ans, le nombre des adhérents est passé de  280 000 à 130 000. Et encore, la moitié ne serait pas à jour de ses cotisations. Pire pour le parti de gouvernement, la moitié des adhérents détiennent un mandat électif.

L’analyse rapide de dire que les membres du PS sont les élus politiciens reste taboue. Toutes les formes et toutes les causes de démissions, d’écœurements, de divisions se conjuguent. La plus redoutable pour la gauche correspond, comme toujours, aux gens qui partent sans bruit, dans l’indifférence, sur la pointe des pieds. C’est en ce sens qu’être à jour de ses cotisations est un indicateur pour dire qu’il ne reste plus au PS que des élus. Le congrès du PS risque de ressembler  à ces congrès du Parti Communiste d’Union Soviétique à l’époque du stalinisme.

Plus en profondeur, 23% des Français considéreraient que le PS est porteur d’un projet pour la France, selon une récente étude. Une analyse sociologique du Parti Socialiste est également révélatrice de la mutation de cette organisation :

38% des membres du PS sont des cadres supérieurs.

14% sont des employés.

3% sont des ouvriers.

Presque majoritaires il y a 30 ans, les non-diplômés représentent 4% des effectifs.

François Hollande était donc à Carcassonne, hier. C’est la presse unanime qui qualifie cette visite de campagne politique. Il y a la forme : Avant de faire un discours de politique générale à la salle du Dôme devant 1000 invités représentants les collectivités, le Président a visité la petite coopérative de glaces fondée par les salariés licenciés d’ex Pilpa. Il était accompagné du Ministre de l’Economie et du Ministre de l’agriculture. Le geste est clairement et strictement  politique. Enfin, cette visite, « en terre socialiste », s’est décidée aux derniers moments.

Qu’attendre d’une visite en région du chef de l’Etat? Que soient proposées des pistes de solutions face à un problème structurel ou conjoncturel local et dont les clés seraient tenues par l’Etat ? Que soit clarifiée la grande question actuelle de la fusion des régions LR et MP ? Tout le monde s’attendait à ce que cette question occupe le cœur du discours du Président.

De la grande région, il fut question. Le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées représentera LA grande région du Sud de la France. Soit ! Marseille appréciera.

Quel est l’intérêt de cette nouvelle région ? « Il faut lui donner un sens, et j’y veillerai ! » dit François Hollande. Soit !

Le Président a, ensuite, fait le bilan de ses trois années de mandat et il est satisfait puisque tout est conforme à son discours du Bourget qui présentait son programme. Soit !

Un Président doit être égal à lui-même et François Hollande y est allé de ses petites phrases :

«L’école a besoin d’une politique pas d’une polémique » Soit ! Mais, tout de même, tout de même, la notion de résultat doit-elle être définitivement abandonnée au profit de la seule idéologie ?

«Je dois aller vite, comme la société va vite. Nous devons changer nos règles je veux créer un choc de simplification, nous perdons trop de temps à faire des études avant de mettre en place les projets.» Soit ! Mais tout de même, tout de même, n’est-ce pas à la société de s’adapter à l’Homme  qui la construit ? Toute gestion de projet repose sur des méthodes et elles indiquent que la phase d’étude est la plus importante et la plus longue. La formule n’est-elle pas un peu trop populiste ?

«Je veux rendre universel le service civique, chaque jeune qui en fera la demande aura une mission tout de suite.» Soit ! C’est une belle intention.

«Nous devons bâtir des droits qui accompagneront les personnes tout au long de leur carrière professionnelle. Nous allons créer le compte personnel d’activité et pour cela nous aurons besoin de l’État, des partenaires sociaux et des régions.» Soit ! Yaka Faucon.

Pourtant, portant, l’emploi n’est-il pas la question prioritaire de la France, des Français ?

Depuis qu’il est devenu, par les circonstances, Président de la République, la côte de popularité de François Hollande n’a cessé de se dégrader. Nous avons évoqué l’état du Parti Socialiste. Et François Hollande est en campagne. Campagne pour quoi puisque nous avons également vu que les prochaines élections qui sont les régionales n’avaient pas été abordées autrement que pour la forme puisque cette visite présidentielle était en région ? De toute évidence, il s’agit des élections présidentielles de 2017. Parmi tous les sondages et études périodiques pour analyser l’écho du gouvernement et du chef de l’Etat auprès des Français, il me semble qu’une donnée est passée relativement inaperçue : 23% des Français considèrent que François Hollande est l’homme de la situation. Et c’est énorme ! Qu’importe le fond pourvu qu’il y ait l’ivresse.

Immobilier en Hérault

« Lorsque le bâtiment va, tout va ». Le célèbre adage peut-il être erroné?

D’abord, construire et faire construire témoignent d’un projet et donc d’une certaine confiance dans l’avenir. Nous savons que cette donnée immatérielle est un élément moteur de l’économie.

Ensuite, la construction répond à une nécessité. Pour l’entreprise, il s’agit d’une source d’augmentation de la productivité. Pour le particulier, c’est la transformation de l’épargne en investissement. Celui-ci est productif puisqu’il amorce une réaction en chaine.

Enfin, c’est toute la profession du bâtiment qui bénéficie de cette mécanique. Le BTP joue un rôle particulier dans l’économie régionale et particulièrement de l’Hérault comme l’affirme très fort la CCI de Montpellier.

 

A l’heure d’aujourd’hui, deux phénomènes viennent s’interpréter de manière diamétralement opposée à la tradition de l’achat immobilier. L’achat d’un bien doit toujours être une bonne affaire, même si le facteur déterminant est un coup de cœur.

Jusqu’à maintenant, puisque la demande était supérieure à l’offre, d’où l’augmentation des prix, un bien qui restait sur le marché était le gage d’une mauvaise affaire.

Aujourd’hui, c’est l’inverse. Un bien qui reste sur le marché est arrivé à maturité. Il est au bon prix.

Le deuxième phénomène touche l’adage de la santé économique. L’indice INSEE de la construction est l’étalon des marchés, à commencer par les salaires. Les moindres fluctuations du marché du bâtiment sont donc un indicateur. Est-ce, aujourd’hui, bien le cas ?

La Chambre des Notaires de l’Hérault a présenté au mois d’avril sa traditionnelle analyse du marché de l’immobilier. Les voyants sont plutôt au vert. Il y aurait donc reprise. Il ne faut, cependant, pas faire preuve de trop d’optimisme :

  1. Nous avons vu que la tendance est de considérer qu’un affaire qui reste sur le marché est considérée comme une bonne affaire. Son prix ne baissera plus. Les ventes reprennent car il y a tout de même un marché et que l’acquéreur a attendu.
  2. Le marché de l’immobilier est interdépendant de celui du prêt. La France entrerait en déflation ou risque bien d’y entrer. Emprunter ne coûte plus rien. La masse d’argent est présente et doit être utilisée.

 

Sur une évolution en dent de scie, nous pourrions bien n’être qu’en haut de la dent et cela n’est pas un signal d’une tendance à la reprise.

Le marché local est spécifique.

Le prix de l’immobilier est de :

2540 €/m2 à Montpellier, 2650€ dans l’Hérault, 2340 € en région Languedoc-Roussillon et 2280€ pour la France. Or, nous savons que le revenu du Languedocien, et particulièrement celui du Montpelliérain est plus faible que la moyenne nationale et qu’il connait plus le chômage.

Le prix des maisons est stable. Les appartements ont baissé de 4%. Les terrains à bâtir ont chuté de 9%. On peut noter une relation de la baisse des prix avec l’importance de la surface.

Le prix médian des transactions est de 213000€.

Une interprétation possible est d’y voir une représentation bimodale qui met en évidence une dépendance à l’immobilier de la résidence secondaire et de tourisme. La baisse des prix est conséquente en métropole montpelliéraine et pour les surfaces familiales. Les acquéreurs âgés de 60 à 69 ans ont vu leur part progresser de 11 à 20% en 10 ans. C’est une véritable tendance.

L’origine géographique des acquéreurs est une donnée qui doit s’interpréter. En gros, les acquéreurs du même département représentent 35%. Ceux hors région représentent 28%. Mais il n’y a pas la réponse à : pourquoi l’achat ?

Si on y regarde de près, les tranches d’âge qui ont progressé dans l’année pour les achats sont les 50-59 ans ainsi que les moins de 29 ans. Ceci viendrait contredire l’interprétation de la dépendance au facteur touristique ou, du moins, la cadrer sur un phénomène conjoncturel.

Alors, voici le tableau informatif de la chambre des notaires et sans autre commentaire :

La Grande Motte     3830€/m2     +1,6% sur l’année

Palavas                        3790                    -5,3

Balaruc                        3600                    +3,6

Mauguio                     3350                     -4,1

Marseillan                3310                     +11,1

Lattes                           3200                       -4,2

Valras                          2940                         -1,8

Agde                            2930                          -1,5

Montpellier             2540                        -4,1

Castelnau                 2360                        -11,1

Frontignan                2340                      -10

Sète                              2270                       -4,2

Lunel                             1730                       + 12,2

Béziers                         1050                       -9,8

Lunel et son croissant

L’emploi est la priorité de la France selon François Hollande.

L’emploi est la priorité de Lunel selon Claude Arnaud, Maire de Lunel.

Il faut dire que Lunel a quelque peu défrayé la chronique auprès de ceux qui ne connaissent pas avec le nombre de Jihadistes morts auprès de Daesh et originaires de Lunel.

Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, est venu à Lunel le 7 février, accompagné de Myrial El Khemri, secrétaire d’état à la politique de la ville.

Dans ce contexte, Claude Arnaud ne pouvait que modéliser la ville de 26000 habitants au pays. Mais la logique permet, également, de déduire certaines vérités simples par la modélisation.

43% des Lunellois sont imposables sur le revenu.

Le chômage est de 20%.

Le centre ville est reconnu comme totalement dégradé. Pourtant, le centre ville produit 60% de la richesse fiscale de la communauté de communes de 50000 habitants.

En même temps, la ville s’est dotée d’un hôpital de proximité, de logements sociaux, d’un nouveau lycée, d’infrastructures sportives.

Alors où est le problème? Il faut favoriser le travail disent les politiques puisqu’il ne manque plus que ça pour un bonheur matériel complet.

La venue à Lunel du ministre de l’Intérieur a permis de formaliser 3 grands projets pour Lunel. La ville a besoin de zones économiques pour attirer ou, du moins, conserver les entreprises.

1. Après Saint Aunès, Gignac et Fabrègues, un écoparc de 50 hectares sera créé à Lunel.

2. Le déplacement de la route nationale va permettre la création de la zone d’activité du Cap Miaulaïre.

3. La gare de Lunel sera transformée en pôle d’échange multimodal. (piétons, bus, train, vélo…)

Par la libération des sols, il s’agit d’un immense chantier et le potentiel est là.

Déjà, la gare de Lunel voit passer 1 million de voyageurs/an.

La position de Lunel entre Montpellier et Nîmes est propice au développement. De plus, il y a l’échangeur de l’A9 qui n’isole pas Lunel. Le potentiel emploi est bien là… Mais, mais, mais.

Si on peut modéliser la France à Lunel, une même cause produit un même effet en réciprocité.

D’après les études menées par les cabinets d’étude pour la ville, la croissance migratoire et la mise à disposition de logements pour l’accueillir est allé beaucoup plus vite que la croissance de l’emploi. C’est aussi simple que cela. Alors, oui, la création d’emplois devrait permettre un rééquilibrage. Mais, d’une part, l’approche inverse la cause et la conséquence. D’autre part, la création d’emploi agira comme facteur d’attractivité pour plus d’immigration. La création d’emploi est-elle vraiment à cette mesure comme au temps des trente glorieuses? Le mal-vivre ensemble, puisque c’est le fond du problème, est-il vraiment dû aux difficultés de ressources?

Toujours est-il, qu’à court terme, les trois grands projets de Lunel permettront de relancer l’économie locale.

Notre grande région

Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction Publique s’était rendue le 16 avril en Midi-Pyrénées pour présenter le projet de la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Terriroriale de la République) aux organisations syndicales. Elles sont les premières concernées. La ministre a, alors, précisé qu’elle se rendra également en Languedoc pour le réexpliquer mais ceci en juin.

En attendant:

L’actuel préfet de Midi-Pyrénées, Pascal Mailhos, est nommé préfet-préfigurateur de la grande région.

Depuis le 27 avril, le chef-lieu de région provisoire est Toulouse. Il le sera définitivement à compter du 1er janvier 2016. Il le sera, ensuite, officiellement le 30 septembre 2016. La démocratie fait bonne figure puisque ces délais servent à la validation par les deux conseils régionaux ainsi qu’à l’avis du conseil municipal de la ville de Toulouse pour devenir chef-lieu. Le nom de la région devra également être trouvé, débattu (très important en démocratie), choisi.

Depuis le 28 avril, la régie des eaux de Montpellier s’appelle Aqua d’Oc. Nous pouvons noter, puisque le service communication de la régie des eaux a insisté sur ce point, que ce sont les internautes de la page Facebook qui ont adopté ce nom parmi d’autres. Voilà une bonne initiative citoyenne et démocrate!

A compter du 1er mai, fête du travail oblige, Pole Emploi s’est également doté d’un directeur-préfigurateur de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en la personne de Serge Lemaitre. Il était, bien sûr, le directeur régional Midi-Pyrénées jusque-là.

Il a fait carrière au sein des applications opérationnelles de l’ANPE puis Pole Emploi. Nous apprenons, par ce biais, que l’opérationnel ne fait pas partie, chez Pole Emploi, d’une activité « terrain » (en contact avec le demandeur d’emploi). L’opérationnel, chez Pole Emploi, n’est pas de faciliter  l’accès au travail des chômeurs mais de structurer les services. Sans doute est-ce dû à un complexe du personnel de Pole Emploi à l’égard des fonctionnaires puisque le statut des 55000 salariés de Pole Emploi est privé.

Ainsi, Pole Emploi LRMP se prépare à des opérations de refonte interne. Dixit: « les équipes en charges de la préfiguration doivent conduire l’évolution de Pole Emploi pour s’adapter à la nouvelle région ». (ah bon?!)

Comme quoi, le problème (disons problématique, les administratifs adorent ce terme) n’est aucunement lié au marché du travail ou à l’employé mais bien à la seule organisation structurelle de Pole Emploi, cqfd. D’ailleurs, les projets de la structure de préfiguration sont provisoires. De nouvelles équipes seront mises en place ensuite! Le nouveau directeur général (issu lui aussi de Midi Pyrénées) porte le titre de Directeur Général Provisoire…

Les politiques de Droite, même si l’objectif des moyens est inverse, rejoignent cette considération. Bruno Lemaire, député UMP a trouvé un moyen de favoriser l’emploi: Le code du travail fait 3700 pages. La complexité du droit ne favorise pas la confiance de l’employeur à engager. Bruno le Maire veut simplifier le code du travail en le ramenant à un maximum de 150 pages. (comme dans d’autres pays qui ne connaissent pas la crise)

C’est un vrai défi.

 

 

Liberté de parole à Béziers

La liberté de la presse est-elle la liberté d’opinion ? Certainement, puisque la presse française est une presse d’opinion. La liberté d’opinion est-elle la liberté d’expression ? Là, ce n’est plus le cas. La diffamation, par exemple, est punie par la loi.

Il est tout de même surprenant qu’un journal comme le Midi Libre, qui porte le mot « libre » dans son nom, ne se préoccupe pas plus d’éthique. Le Midi Libre affiche ses opinions. Wikipedia, sans être une référence, qualifie sa ligne éditoriale de progressiste. Mais que devient l’information quand elle n’est plus que propagande ?

Chaque jour ou presque, un article du Midi Libre est consacré à Béziers sous l’ère Ménard. Pourquoi pas ? Le laboratoire de gestion hors du cénacle politicien est intéressant. Robert Ménard est issu de la société civile et son élection franche marque le rejet, c’est-à-dire l’échec, de la politique politicienne.

Mais si on prend parti comme le fait le Midi Libre, le minimum d’éthique comme d’intelligence serait d’analyser les causes du rejet des opinions formatées. En persévérant dans des pratiques fallacieuses, on donne raison à ceux qui ont rejeté l’approche. Et l’Intelligence s’oppose à la bêtise.

Exemple par 3 articles de la semaine :

1) Béziers : rien ne change ici !

L’article se veut un reportage sur le quartier de la Devèze, zone sensible de logements sociaux.

Le journaliste ne rencontre que des gens mécontents et critiques à l’égard de la nouvelle municipalité. Pire, tous veulent garder l’anonymat, pas de nom, pas de photo, pour éviter les représailles soit de la municipalité soit des voyous (sic)… Ce qui sous-entend qu’ils sont liés.

De qui se moque-t-on ? De qui se moque le Midi Libre ? Car Robert Ménard a été élu largement y compris par le bureau de vote de la Devèze ! Le candidat socialiste, Jean-Michel Du Plaa y a été particulièrement sanctionné.

2) Béziers : paroles d’opposants, un an après…

Voilà toujours présents l’éventail des clichés et poncifs. Le 6 mai se tiendra à Béziers le rendez-vous unitaire des syndicats dans le cadre de la campagne « Ensemble uni-e-s contre l’Extrême Droite ».

Avoir la parole, c’est bien. Mais qu’en fait-on ? Ces opposants ne se remettent pas en question mais considèrent « l’accident Ménard ».

Pour Aimé Couquet, chef de file communiste, Robert Ménard est assisté des nostalgiques de Vichy et des tortionnaires de la guerre d’Algérie. Les électeurs se sont trompés. Pour preuve, le journal municipal placerait les fondements de la famille comme Valeur au détriment de la solidarité ! Comment ne pas être certains que ce n’est pas le souhait des électeurs ?

Pour Jean-Michel Du Plaa, socialiste : « Plutôt que de céder à sa passion révisionniste de réécrire l’Histoire en prenant le risque de diviser toujours les Biterrois, le maire devrait plutôt s’efforcer de les rassembler ».

N’est-ce pas là un simple jugement de valeur, qui ne veut, factuellement, rien dire?

3) Béziers : Robert Ménard condamne l’association Arc-en-Ciel

En réalité, deux articles sont consacrés à cette affaire dans la semaine puisque la cause de l’arrêt des subventions municipales (50 000 €) serait due à la prise de parole du Président de l’Association, Jean-Marie Malric. Ce dernier utilise les colonnes du Midi Libre pour exprimer sa consternation des résultats des élections. En gros, c’est : « cochons de payeurs ».

La liberté de parole a, au minimum, un prix : celui de la responsabilité. Quand on nous offre 50 000 euros, on dit merci. Cela fait partie des règles sociales à respecter, a-fortiori quand on travaille dans le social. Cela signifie surtout que nous acceptons une mission, strictement relative aux deniers publics.  Alors non, Robert Ménard ne condamne pas l’association Arc-en-Ciel. C’est son président qui l’a condamné si elle devait disparaître à cause de cela.

La liberté d’opinion n’est pas la liberté d’expression. Ou la liberté d’expression n’est pas le droit de dire n’importe quoi. S’il est interdit d’interdire, il ne peut y avoir de cohésion sociale ni de responsabilité.

Et en priorité, lorsqu’il n’y aura plus de liberté du tout parce que la sécurité, droit constitutionnel naturel, ne la permettra plus, la liberté d’opinion deviendra bien secondaire. Ce n’est pas la presse qui garantit la liberté de la presse. Ce sont les institutions nationales et en premier lieu la force de l’institution militaire qui garantissent la liberté de la presse de notre démocratie.

Béziers: le jeu de dupes

Selon la formule célèbre de Hamlet, « Il y a quelque de pourri au royaume du Danemark », il y aurait d’autres points communs entre le Danemark et le Languedoc que la mer…

Daniel Galy, Président de la Chambre de Commerce de Béziers, réagit à l’annonce de la prochaine fermeture des Galeries Lafayette de Béziers. Il s’agit d’un phénomène récurrent aux cœurs des villes, abandonnés au profit des centres commerciaux périphériques. Mais pour Béziers, l’annonce fait figure de la perte de la locomotive commerciale. Daniel Galy en appelle donc à toutes les forces vives pour trouver des solutions pour le dynamisme de la ville.

Il est à noter que la Chambre de Commerce de Béziers a construit une association avec son homologue narbonnaise. Il s’agit d’un projet très important puisque les deux villes voisines seront au cœur de la future région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Le projet se doit d’être ambitieux.

Dans le cadre de ce développement et de ces ambitions, les collectivités territoriales ne sont pas en reste. Ainsi, Robert Ménard, Maire de Béziers, et Didier Mouly, Maire de Narbonne, se réunissaient, il y a peu, et conviaient à leur réunion les représentants d’intercommunalités et Chambres consulaires.

C’était il y a un mois. Un article du Midi Libre indiquait que tous ces représentants ont refusé de rencontrer les deux Maires.

Aujourd’hui, 2 avril, a lieu les élections du président et des vice-présidents de l’Hérault. Le conseil départemental de l’Hérault a une majorité à Gauche avec 18 cantons sur 25.

« C’est une belle victoire de la gauche » affirme André Vézinhet, Président sortant. Chacun voit son intérêt immédiat et au plus local… Un peu comme dans Hamlet.

Aéroport Montpellier Mediterranée

Mon précédent article sur le Parlement des territoires se croise avec un article lu dans « La Tribune, objectif Languedoc-Roussillon que je me permets de reproduire en fin d’introduction.

Je posais, dans l’article sur le Parlement des territoires, comme indice de développement de Montpellier la place que pourra occuper l’aéroport de Montpellier-Méditerranée.

L’article de la Tribune rapporte la transmission de Cyril Reboul, Président du directoire de l’aéroport de Montpellier à son successeur, Emmanuel Brehmer.

Le Président Reboul signale des perspectives prometteuses dans la lignée d’une augmentation du trafic passagers de 1,2 à 1,45 million de passagers. Le nombre de compagnies présentes est, également, passé de 5 à 15 et le nombre de destinations a connu une plus grande évolution, encore.

Qu’il me soit permis de considérer ces évolutions comme peu performantes.  En effet, l’évolution du trafic passagers est sur 18 ans. En moyenne, c’est une progression autours de 0,5% par an. S’il y a eu multiplication du nombre de compagnies et de destinations, cela fait d’autant chuter la productivité relative. Reste, bien sûr, les produits associés à la présence de ces compagnies et destinations.

Mais considérant que Montpellier est le plus petit aéroport de France, la concurrence avec Toulouse pour la région devra jouer la complémentarité. Nous savons que Toulouse a vocation à devenir un hub international grâce à la Chine. C’est parfait. Mais la complémentarité doit se manifester par des destinations particulières et le hub de Toulouse ne sera pas propice à plus de compagnies pour Montpellier. Les collectivités locales devront travailler à un nouveau rayonnement pour la métropole languedocienne. Immédiatement, un premier frein apparait: Le CCI de Montpellier est le premier actionnaire de l’aéroport. Or, nous savons que l’aéroport est sur le territoire de Mauguio. Et nous savons que les relations entre les deux ne sont pas des plus chaudes… C’est un véritable défi qui s’annonce.

lien La Tribune: http://objectif-languedoc-roussillon.latribune.fr/economie/infrastructures/2015-03-26/passage-de-relais-a-l-aeroport-montpellier-mediterranee.html

Après cinq ans à la présidence du directoire de l’aéroport de Montpellier, Cyril Reboul a quitté ses fonctions, le 26 mars. Il passe le relais à Emmanuel Brehmer, sur fond de fusion des régions qui, selon lui, devrait encore le renforcer.

C’est devant un parterre de collègues et d’officiels que Cyril Reboul a tiré, jeudi 26 mars, sa révérence. Il a travaillé pendant dix-huit ans à l’aéroport de Montpellier et a occupé ces 5 dernières années le rôle de président du directoire.

Le Nîmois, qui entend désormais se mettre à son compte comme consultant, livre sa vision de ce que sera l’aéroport dans les années à venir. Et il sera, à ses yeux, notamment dans le cadre de la fusion entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, une pièce maîtresse du développement économique du bassin de vie montpelliérain :

« Il n’est pas question de contester la place de l’aéroport de Toulouse, qui est cinq fois plus important. Mais l’aéroport de Montpellier restera une pièce importante, parmi d’autres, pour le développement économique du territoire. Il y a un type de trafic spécifique pour les petits aéroports, et Montpellier a ses spécificités par rapport à Toulouse. Les deux sont complémentaires. Toulouse n’est cependant pas suffisant pour levier économique sur notre territoire. L’important, c’est de faire passer Montpellier dans une étape supérieure, et pour cela, il faut que tous les partenaires jouent le jeu ».

La CCI est le 1er actionnaire de l’aéroport après l’État, qui possède 66 % du capital. Ce dernier, qui tend à vouloir se désengager des différentes infrastructures aéroportuaires sur tout le territoire national, ne devrait pas être à l’initiative de la privatisation de l’aéroport de Montpellier à court ou moyen terme, assure Cyril Reboul :

« Nous faisons partie des plus petits aéroports de France avec Strasbourg, et je pense que l’État va faire ses démarches en fonction de la taille des aéroports. Je ne suis pas sûr que Montpellier soit la priorité de l’État, ça représente peu de rentrées financières. »

Plus de lignes, plus de compagnies

En cinq ans passés à la présidence du directoire de l’aéroport de Montpellier, Cyril Reboul a connu des évolutions qu’il estime conséquentes : au départ très centré sur les vols intra-nationaux, et principalement vers Paris, Montpellier a voulu s’ouvrir sur l’Europe et le monde, explique-t-il.

« Avec plus de lignes et plus de compagnies, l’enjeu principal de ces cinq dernières années a été le développement du trafic. En particulier vers l’Europe et le Monde, ce que nous avons réussi à faire par exemple avec Alitalia qui nous relie au Hub de Rome, ou ce qui sera fait en mai avec KLM et une ligne quotidienne vers Amsterdam. De manière globale, le nombre de passagers est passé de 1,2 à 1,45 million ».

En cinq ans, le nombre de compagnies sur l’aéroport de Montpellier est passé de 5 à 15 et 25 destinations sont desservies. Depuis ce jeudi 26 mars, le nouveau président du directoire de l’aéroport de Montpellier est Emmanuel Brehmer, qui en était jusqu’alors le directeur général adjoint.

Parlement des territoires

La réforme des régions entrainera une refonte  des décisions, du pouvoir. La première considération portait sur la cohérence des nouvelles régions, de la compatibilité économique et culturelle entre elles. La seconde considération porte sur le niveau d’influence. Une ancienne capitale régionale qui perd ce statut risque d’être moins attractive. Certaines régions seront plus homogènes que d’autres. Mais c’était déjà le cas auparavant. Les capitales de région et leur département avait un rôle de locomotive pour les autres départements d’une même région.

Maintenant, le dynamisme économique de Toulouse peut inquiéter Montpellier, nouvelle métropole, dont le développement repose sur deux axes principaux hors tourisme: la Méditerranée et l’innovation.

Toulouse n’a pas de raison de développer des partenariats privilégiés avec la Méditerranée. Le pôle innovation de Toulouse est déjà autrement plus développé que celui de Montpellier. Le rôle de l’aéroport de Montpellier deviendra central quant au développement et la pérennité de la métropole languedocienne.

Et quoiqu’il en soit, la réforme est actée depuis le mois de janvier 2015 par le Conseil Constitutionnel pour 13 régions.

Ces questions ne semblent pas avoir été débattues pour les élections départementales de ce week end. Et pourtant, et pourtant…

Dans ce contexte, « l’Appel du Parlement des Territoires », lors de sa séance inaugurale du 25 mars, est un engagement fort qui devrait pouvoir nous tranquilliser.

Ci-dessous amorce et lien vers heraultjuridique.com qui fournit l’information:

http://www.heraultjuridique.com/collectivite/montpellier-castries-seance-inaugurale-pour-le-parlement-des-territoires

 

Le Parlement des Territoires se veut une réponse innovante pour l’équilibre territorial de la grande région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon. Ce mercredi matin 25 mars 2015, à l’invitation de Philippe Saurel, président de la métropole de Montpellier, plus de 70 présidents et représentants de 50 intercommunalités de 6 départements – l’Aude, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales – se sont réunis au Château de Castries dans l’Hérault près de Montpellier. A l’issue de cette séance inaugurale, les élus ont adopté à l’unanimité « l’Appel du Parlement des Territoires » qui affirme leur volonté d’engager une démarche solidaire et audacieuse de coopération souple… (Hérault Juridique Annonces légales)

 

Brèves données sur l’emploi des cadres

Quid de l’emploi des cadres en Languedoc ?

L’intérêt de se focaliser sur le segment « cadre » est de mettre en évidence le souhait d’une embauche pérenne de la part des entreprises. L’investissement sur un cadre est lourd et il est l’expression d’une confiance en l’avenir. Ce concept n’a pas trait, spécifiquement, au statut mais à la fonction. Une étude récente de l’Apec, qui mérite d’être commentée, révèle que :

2 530 embauches de cadres sont prévues en Languedoc Roussillon pour 2015.

Il y en a eu 2 880 en 2014. Les prévisions correspondent donc à une baisse de 12,2%.

70% des embauches se feront dans le secteur des services.

12% se feront dans l’industrie.

8% dans la construction. Comme on dit, quand le bâtiment va, tout va ! Et là, le bâtiment ne va pas.

Fait marquant, également : 24% des embauches seront sur des fonctions commerciales, 15% sur les fonctions études R&D, 14% sur les fonctions exploitations. Les fonctions « autres » correspondent à 47%.

En comparaison des autres régions françaises, le Languedoc Roussillon occupe la dernière place des prévisions d’embauche, très loin derrière la région parisienne et ses perspectives de 85 000 recrutements de cadres pour 2015 ou même de la Région Rhône Alpes pour 16 000 recrutements.

Un autre constat vient marquer la frilosité du marché de l’emploi régional :

Les entreprises privilégieront l’embauche de cadres expérimentés. 25% des recrutements prévus par les entreprises concernent des profils ayant 6 à 10 ans d’expérience. 13% concerneront des profils de 1 à 5 ans d’expérience. 8% concerneront les profils de plus de 10 à 20 ans d’expérience. Cette tendance sera à pondérer ou amplifier puisque plus de 50% des embauches ne semblent pas déterminées par le critère de l’âge. Mais la tendance est bien marquée. Il est notable que les régions qui embaucheront le plus demandent des cadres jeunes. La région PACA voisine, où seront embauchés 9 200 cadres, prévoit que ce sont 29%, soit plus du double en proportions, qui concerneront les jeunes de 1 à 5 ans d’expérience.

Dernier point concernant cette étude de perspectives d’embauches en Languedoc Roussillon, le salaire moyen du cadre en méditerranée est de 36 449 euros contre 39 692 en moyenne nationale (46 023 € en Ile de France). Et encore, cette donnée est à pondérer puisqu’elle concerne la méditerranée, c’est-à-dire LR + PACA. Or, le salaire moyen est supérieur en PACA qu’en Languedoc Roussillon.

Le défi de Thau

Daniel-Etienne Defaix, célèbre propriétaire viticole bourguignon et œnologue me disait un jour qu’il existe deux manière de considérer le vin : Une première école y voit le produit du ciel à la terre. La qualité est due à la terre et le millésime est le déterminant gustatif. La production de l’homme induit un caractère de corruption. La seconde école est dans la trinité homme-ciel-terre. La qualité du travail du vigneron en est le déterminant. Le travail de la terre est un métier et certains le font mieux que d’autres. Nous échappons, là, aux critères d’uniformisation du vin définis par Robert Parker et au principe de Parkerisation du vin.

Il me semble important d’intégrer la confrontation de ces deux écoles œnologiques vis-à-vis d’autres secteurs agricoles.

Sur l’étang de Thau, les variétés d’huitres ne manquent pas. Elles sont fermes et fondantes avec un petit goût de noisette. Les plates sont souvent plus douces. Les creuses sont plus charnues. Malgré son apparence grasse, l’huitre n’apporte que 1 à 2 grammes de lipides pour 100 grammes. Elles sont source d’omega3, de minéraux et d’oligo-éléments, fer, phosphore, cuivre, sélénium et zinc.

Thau représente 90% de la production conchylicole de la méditerranée française.

Sur 7500 hectares de la lagune de Thau, 1300 hectares sont affectés à la conchyliculture. La production est de 1300 tonnes/an, soit 10% de la production nationale. Le chiffre d’affaire est de 35 millions d’euros. C’est le deuxième pôle économique agricole après la viticulture.

Le lido de Sète-Marseillan est protégé par le SCOT, ce qui reste favorable à l’ostréiculture.

La filière ostréicole française est en crise.

La crise est relative à un phénomène international de surmortalité des naissances. Celle-ci semble due à une infection (herpes virus OsHV-1µvar) comme aux facteurs environnementaux aggravants.

La présence de l’herpes virus est détecté dans 91% des cas.

En 2008, le niveau de mortalité a connu un pic qui a atteint 100% des décès en certaines zones. 7250 déclarations de mortalités ont été recensées par les Affaires Maritimes, l’IFREMER et les comités régionaux conchylicoles.

Tous les bassins de production, de la Méditerranée à la Manche, qui présentent des écosystèmes très différents, ont été touchés.

En 2010, une période d’interruption de la mortalité a été observée sur l’étang de Thau lorsque la température de l’eau dépassait 24°.

Les études génétiques ont permis de sélectionner les huitres pour leur résistance dans un réensemencement de sauvegarde suivi par le réseau Biovigilance. (sources Agence Nationale de Sécurité Sanitaire-Anses)

Est arrivée l’huitre triploïde, reconnaissable par son bec retourné, qui détrône l’huitre naturelle.

12 mois sont nécessaires pour la production d’huitre à Thau contre de 24 à 36 mois sur l’Atlantique.

Florent Tarbouriech, conchyliculteur sur le bassin de Thau est certainement le premier à avoir voulu et réalisé un saut qualitatif pour concurrencer l’huitre de l’Atlantique. La qualité est produite en reproduisant artificiellement le cycle des marées. Les huitres sont collées sur des cordes dans l’étang alors qu’elles sont dans des caisses immergées en Atlantique. La levée des cordes permet à l’huitre de sortir de l’eau et, en réaction, l’huitre gonfle sa chair. Toujours est-il que l’huitre haut de gamme correspond à la demande internationale et, malgré des investissements importants, se vend plus cher pour une valeur-ajoutée bien plus importante.

Mais comme toute agriculture, la production d’huitre dépend de son environnement. Comme durant cet hiver 2014-2015, la préfecture suspend fréquemment la récolte et la commercialisation des huitres et moules de l’étang de Thau, suite aux inondations.

Cependant, et pour revenir à mon introduction, l’homme est le facteur déterminant de la sauvegarde de l’huitre et de son amélioration pour être profitable à l’ensemble de la communauté et son plaisir. C’est un grand défi qui attend les ostréiculteurs du bassin de Thau. Et un défi est fait pour être relevé.

 

Gilles FALAVIGNA